jeudi 6 février 2020

Le maternage proximal

Kezako?

Là où dans certaines cultures ce terme n’existe pas tellement c’est instinctif, chez nous on l’appelle donc le « maternage proximal ». En réalité, il s’agit tout simplement d’être à l’écoute des besoins physiologiques et affectifs de son bébé (et enfant en grandissant).
Concrètement, un bébé né parfaitement immature et incapable de se suffire à lui-même. A la différence de la plupart des autres mammifères qui sont capables, par exemple, de se déplacer dans les jours voire les heures qui suivent leur naissance, le petit humain est totalement « tributaire » de ses parents longtemps pour se déplacer, se nourrir, obtenir de l'affection...Au delà de ça, il a passé neuf mois au chaud dans le ventre de sa maman et donc il a besoin d’une transition en douceur vers le monde extérieur.
La société occidentale veut que le bébé soit rapidement autonome et surtout surtout qu’il ne fracasse pas trop notre vie d’avant.
Ce qui est de fait assez incroyable. Ce petit bébé qui soit dit en passant n’a jamais demandé à venir au monde, devrait manger toutes les 3 heures, vite faire ses nuits (enfin plutôt NOS nuits), ne pas trop pleurer et si le cas, on nous laisse à penser que c’est un futur « chieur » et qu’il faut le laisser un peu pleurer pour qu’il comprenne que ce n’est pas lui qui commande. Il faut aussi qu’il dorme rapidement dans SA chambre pour éviter la dépendance.
On a (presque) tous été élevé comme ça. Les pédiatres de nos parents tenaient quasiment tous ces propos là et nos parents ont suivi ces conseils et c’est bien normal car à l’époque, aucune étude ne venait démentir toutes ces croyances.

Aujourd'hui, des études très sérieuses en neurosciences sont venues anéantir tout ça. Je vous renvoie vers les ouvrages aussi passionnants que complets du pédiatre le Dr Catherine Gueguen pour connaitre les détails de ces études. Sauf que ces croyances ont la vie dure.
Certains ne connaissent pas les résultats de ces études et continuent d’agir avec leurs enfants comme leurs parents ont fait par méconnaissance, d’autres s’en contrefoutent et ne veulent pas en entendre parler, d’autres sont sceptiques. Les professionnels de santé ne sont même pas formés à tout ça.
Bref la Science dans ce domaine n’a pas beaucoup de poids.

Aujourd’hui on sait que le maternage proximal aide le bébé à mieux se développer sur tous les plans.
Pour la faire TRÈS courte, il aide l'enfant à produire des hormones nécessaires à son développement donc augmente sa confiance et permet de diminuer le stress. Cette hormone appelée l'ocytocine (ou hormone de l'amour) est sécrétée pendant l’allaitement, pendant les câlins, lorsqu’on le rassure, le sécurise...
A contrario, laisser un bébé pleurer par exemple,ne pas répondre à ses besoins instinctivement active la sécrétion de cortisol. Une hormone très néfaste qui détruit les circuits neuronaux de bébé, altère sa confiance en lui et en ses parents, empêche la maturation du cerveau...

Mais comment faire du maternage proximal?

Répondre aux besoins de bébé sans se soucier de la société tout simplement comme Dame Nature l’a prévu à la base.
Allaiter à la demande, porter bébé le plus possible en écharpe physiologique, ne pas laisser pleurer bébé, pratiquer le cododo (en respectant certaines consignes de sécurité comme ne pas dormir avec bébé si vous êtes alcoolisé, drogué, fumeur, ne pas dormir avec une couette ou un linge pouvant recouvrir bébé... ça parait logique mais c'est important de le répéter) réaliser des massages à bébé, pratiquer la langue des signes pour faciliter la communication
Il y a mille et une façons de pratiquer le maternage proximal. Certaines mamans feront tout car elles n’envisagent pas de faire autrement, certaines ne s’y retrouveront que dans certaines pratiques, certaines seront informées et prêtes dès la grossesse, d’autres découvriront petit à petit ce concept si naturel mais si controversé par la société actuelle qui a peur clairement que l’on devienne esclaves de nos bambins.

Concernant mon expérience, enceinte de Milo le concept de « maternage proximal » m’était parfaitement inconnu. Pour être honnête, je ne me suis pas posée une seule fois la question enceinte, et on en a jamais discuté de fait avec mon mec non plus, de comment on serait en tant que parents. Ah si! Je disais qu’il dormirait dans sa chambre dès le retour de la maternité, je trouvais l’allaitement gênant (et je m’étais même désabonnée d’un compte Instagram d’une maman qui se montrait en train d’allaiter.) Quand j'y repense...

Puis j’ai mis au monde mon petit garçon. Déjà là, mes principes en ont pris un coup. Dès le retour de la maternité, on a mis son petit lit (à barreaux) dans notre chambre et il y est resté jusqu’à ses 6 mois. Puis petit à petit j’ai été en désaccord avec les pratiques dites courantes que me conseillaient les professionnels de santé autour de moi.Je n’ai jamais jamais pu laisser Milo pleurer et pourtant on a eu des moments très difficiles entre le RGO et le syndrome de Kiss où il a pleuré parfois des journées entières sans s’arrêter.
Je n’ai pas allaité. J’ai tenté. Petit poids, puéricultrice violente à la mise au sein, méconnaissance totale car je pensais que c’était instinctif donc simple mais si le bébé fait ça d’instinct oui,  nous les mamans devons être informées sur les difficultés rencontrées au début, les douleurs, les astuces, les erreurs à éviter afin d’être armées contre le personnel en maternité qui, bien souvent, n’est pas formé correctement à l’allaitement. Moi clairement je n’y arrivais pas. Milo était un petit poids car prématuré et elle m’a stressé, à été violente physiquement en me pinçant le mamelon et en écrasant la tête de Milo contre mon sein. Novice, fatiguée après plus de 34 heures de travail  je n'ai pas su la remettre a sa place et j’ai accepté le biberon dès le premier soir. Tout comme j’ai accepté (et c’est ma plus grande plaie ouverte de culpabilité) de laisser Milo à la nurserie la première nuit car elle m’a dit qu’il n’arriverait pas à réguler sa température.
Aujourd’hui je sais que ce que mon bébé avait le plus besoin, après cette violence extrême qu’est la naissance, c’était de me sentir, me toucher, être à mon sein.
Mais j’ai cru qu’elle savait mieux que moi et je l’ai laissé me prendre mon bébé. J’en fais des crises de larmes encore quand je repense à cette première nuit qu’il a passé seul dans ce berceau en plastique avec cette sorcière. Il aurait dû être avec moi,tout contre mon cœur et ma chaleur corporelle aurait suffit à le réguler. Milo a encore des nuits chaotiques à 2 ans et je sais que c’est lié...

Comme tout "bon parent" qui se respecte j’avais le lit à barreaux et il y a dormi jusqu’à ses 8-10 mois. Je ne dirai pas que c’était une catastrophe. Il y a plutôt bien dormi tant qu’il a été dans notre chambre mais dès qu’on a voulu le mettre dans son petit univers ça a capoté. Aujourd’hui avec tout ce que j’ai lu sur le cododo et pour le pratiquer depuis ses 8-10 mois, on opterait pour le cododo bien plus tôt avec un lit spécial (ceux qui s’accrochent au vôtre) puis plus grand le cododo dans notre lit mais notre histoire est ainsi. J'ai appris sur le tas. J'essaie de ne pas nourrir trop de culpabilité ça m'aide pas franchement à avancer.
Aujourd’hui Milo a son lit à lui. C’est un matelas au sol (choix fait pour le laisser libre de se coucher et se lever selon ses besoins) en 140. Je l’accompagne chaque soir à l’endormissement avec un rituel bien ficelé qui l'aide à se sentir en confiance et en sécurité. Chaque endormissement est serein. Ça dure rarement plus de 20 minutes et c’est honnêtement le meilleur moment de ma journée. Après lorsqu’il émettra l'envie de s’endormir seul je respecterai et même si ce moment va me manquer je ne forcerai rien. Je n’ai jamais eu le courage de l’apprendre à s’endormir seul selon les méthodes qui circulent sur le net, qui consiste à le laisser pleurer quelques minutes de plus chaque jour en réassurant sans prendre dans les bras. Les études montrent qu’un bébé qu’on laisse pleurer dans son lit pour l’apprendre à devenir autonome d’un point de vue sommeil arrêtera de pleurer à coup sûr au bout de quelques soirs. Mais c’est seulement de la résignation. Il sait que personne ne répond à ses appels donc il se résigne. Les résultats sont là. Mais les conditions et les conséquences ne me correspondent pas. Milo continue de se réveiller une fois dans la nuit et donc son papa ou moi, allons dormir avec lui pour terminer la nuit en douceur.

Finalement je suis devenue cette maman en lisant certes mais aussi parce qu’au fond de moi je sentais que j’étais en décalage avec ce que la société attendait de moi, de Milo et petit à petit je me suis informée mais surtout je me suis écoutée et je l’ai écouté! C'est honnêtement pas simple d'être différent dans sa façon de faire avec son enfant. Je me sens souvent jugée, regardée, incomprise. J’ai décidé (enfin plutôt ça s’est imposé au moi car je ne me voyais pas faire autrement) d’être à l’écoute des besoins de mon fils, de ne pas lui imposer notre rythme de vie, nos conditions sous prétexte que nous sommes des adultes et lui un bébé.
Évidemment ça va de pair avec une éducation en conscience et respectueuse. Ce sera le thème d’une prochaine chronique. Ça a généré en moi tout un tas d’émotions et de réflexions cette parentalité...
Certains diront que nous sommes esclaves de nos enfants, que nous en faisons des enfants rois. Je répondrai juste que je le traite comme j'aimerais être traitée, avec bienveillance, amour, empathie, écoute parce que c'est un être humain tout simplement et pas uniquement un "bébé" qui obéit. (d'ailleurs je déteste ce mot)

Il n’y a pas qu’une façon de bien faire. Certaines ne se sentent pas d’allaiter et je fais partie de celles qui pensent (au risque de me faire dérouiller par les pro-allaitement) qu’il vaut mieux un bébé au biberon avec une maman épanouie et sereine qu’un bébé allaité par une maman qui le fait à contre-coeur. Et je dis ça malgré le fait que je garde un goût amer de ne pas avoir allaité Milo. Certaines ne seront pas fan de portage, certaines auront peur en faisant du cododo. Bref, materner bébé regroupe tout ça mais finalement je me dis qu’on peut ne pas tout pratiquer et malgré tout être dans le maternage proximal. La seule évidence, c’est de répondre aux besoins de son bébé. Laisser pleurer, attendre avant de donner à manger alors qu’on sait qu’il à faim, forcer l’endormissement seul... Ça c’est difficile à supporter pour mon cœur de maman quand je sais ce qui se passe dans le cerveau de nos tout petits.
Arrêtons de créer un rapport de force avec des petits êtres qui n’ont aucune capacité à nous emmerder ou nous dominer. Tant que l’on verra nos bébés comme des petits monstres à dresser la société n'évoluera pas.
C’est la chair de notre chair qui a juste besoin de nous sentir, nous toucher, nous entendre....

Bien sur nous avons chacun(e) notre seuil de tolérance. Certain(e)s seront plus patient(e)s que d’autres et il est important de rappeler qu’il faut s’écouter, connaître ses limites pour pouvoir passer le relai à quelqu’un si on se sent à bout de nerfs ou si personne ne peut nous suppléer, accepter de laisser pleurer bébé quelques minutes après l'avoir mis dans un lieu sécurisé le temps de prendre l’air, souffler et retrouver ses esprits. Évidemment expliquer à bébé, même s´il n’a que quelques semaines, pourquoi on l'a laissé et le rassurer. Ça vaut mieux qu’un bébé secoué. J’imagine le pire mais c’est une réalité...

Pratiquer le parentage proximal (les papas peuvent également porter, cododoter...) ne signifie pas être parfait mais essayer de faire de son mieux chaque jour qui passe, apprendre de ses limites, de ses erreurs, de ses failles, s’informer toujours plus, ne pas rester sur ses vieux schémas éducatifs obsolètes, se remettre en question et surtout surtout tout expliquer à bébé peu importe son âge.Si déjà nous faisons tous ça, le monde ira mieux car un enfant entouré d’amour, de câlins, rassuré, sécurisé, qui se sent écouté et compris deviendra un adulte confiant, empathique et bien dans ses baskets. Nous avons la génération de demain entre nos mains...











 





dimanche 26 janvier 2020

Dépression prénatale

Ceux qui me connaissent savent à quel point j'ai détesté être enceinte. Ce fut un véritable calvaire sans nom pour moi pendant près de huit mois.

Notre histoire joue une grand rôle dans tout cela. Après une grossesse arrêtée, il est compliqué de s'imaginer mener une aventure sans embûche, sans pensée pessimiste. Ainsi, j'ai passé absolument toute ma grossesse à "craindre" (et le mot est faible) de perdre Milo dans mon ventre, que son cœur ne cesse de battre sans aucun signe physique comme la fois précédente.
Cela a généré en moi de nombreuses crises d'angoisse accompagnées de plusieurs passages aux urgences pour entendre son petit cœur battre au creux de mon ventre.
A cela s'est ajouté des nausées quotidiennes jusqu'à la fin, une salive au gout infect qui modifiait toute mon alimentation, des vomissements jusqu'à la fin de mon 4eme mois et surtout le plus difficile un état dépressif.

J'étais mal dans ma peau, dans ma tête, je ne parvenais pas à être heureuse, épanouie là tout le monde clame que tu devrais l'être.
L'enfer c'est les autres. Cette citation a pris tout son sens durant cette période.
J'étais mal. Très mal.
 Et je devais montrer une facette de moi complétement erronée. Je prenais sur moi.
Seuls mon amoureux et ma sœur savaient réellement ce que je vivais.
Des personnes très proches de moi, et que j'aime beaucoup, ont eues des propos très violents me rappelant que ce n'était pas une maladie, que c'était pour la bonne cause et que j'avais déjà de la chance d’être tombée deux fois enceinte là où certaines n'y parviennent pas. Le blabla bien cliché, bien culpabilisant des meufs qui ont adoré être enceinte ou qui n'ont pas encore d'enfant.

Et moi, j'encaissais. Je me disais qu'elles avaient surement raison et surtout j'ai douté de mes capacités à être une bonne maman. Je me disais qu'avec un état d'esprit si négatif je ne pouvais pas être une maman aimante, j'envoyais bien trop de mauvais messages à mon bébé.

J'ai souffert... Mais comme j'ai souffert.
Aujourd'hui je pose les mots " dépression prénatale" car deux années se sont écoulées. Je me suis apaisée face à tout ça. J'ai pris du recul. J'ai crée une relation avec Milo remplie d'amour et de partage là où je pensais qu'il ne m'aimerait jamais de lui avoir fait subir tout ça in utero.
Cette expérience laisse quelques traces chez Milo et moi, on ne va pas se mentir mais lorsque nous serons complétement prêts lui et moi nous irons soigner tout ça.

Peut-être que si je n'avais pas vécu ma grossesse de cette façon je n'aurai pas été autant dans le maternage proximal? Car j'avais ce besoin de réparer, de nous réparer, de me réparer.
Peut-être que si... Je n'en saurai jamais rien.
En tout cas, enceinte je ne m'imaginais pas être la maman que je suis devenue.
Cododo, maternage proximal, violence éducative ordinaire... Tous ces termes m'étaient totalement inconnus.

Une certitude. Si je devais revivre la même chose pour de nouveau avoir ce petit garçon si parfait évidemment que je le ferai car c'est grâce à lui surtout que je suis cette maman là.

Par contre, ceux qui me disaient que j'oublierai c'est NON.
Jamais je ne pourrais oublier cette période de ma vie, ces idées si sombres où la survie mentale était de rigueur, où les larmes et l'angoisse ont ponctuées mes journées.

Et c'est aussi UNE des raisons pour lesquelles aucun second enfant n'est en projet. Peut-être le temps fera son affaire mais à ce jour je ne me sens pas prête de prendre le risque de revivre cela et de le faire subir à Milo. Peut-être serais-ce différent mais dans le doute je m'abstiendrai.

Juste un conseil. Chaque femme vit cette expérience différemment. Évitez les phrases toutes prêtes qui dévastent à l'intérieur, celles qui disent que ce n'est pas une maladie et tout le tralala.
J'ai été malade du 05 juin 2017 au 30 Janvier 2018 pour ma part sans aucune prise en charge physique ni mentale.

Un médicament absolument miraculeux du nom de Milo m'a totalement guérie le 30 Janvier 2018 mais avant ça j'ai eu très mal à l'âme, au cœur, au corps malgré ce bonheur sans nom qui se profilait et qui a tenu sa parole une fois au creux de mes bras.

Heureusement la dépression post-natale m'a épargné. Les statistiques montrent pourtant que les mamans souffrant de tendance dépressive pendant la grossesse sont plus sujettes à la dépression post-natale. Ici même pas le baby-blues ne m'a effleuré. J'étais la plus heureuse. Plus rien ne pouvait venir entacher mon bonheur.

Malgré tout, je reste envieuse de ces femmes qui vivent des grossesses de rêve. A priori je ne le connaitrais jamais. C'est ainsi. J'apprends à l'accepter. Ce qui était un échec pour moi au départ devient peu à peu juste une expérience de vie. 

Celles qui vont bien profitez de ce cadeau que vous fait la vie. Celle qui ne vivront jamais la fausse-couche ou l'infertilité soyez reconnaissantes de la légéreté de votre expérience. 
N'oubliez pas que certaines ne nagent pas dans le bonheur.
Celles qui vont moins bien, ne culpabilisez pas. Vous êtes et serez une super maman avec une force d'acier. Ne gardez pas ça pour vous. Parlez en aux proches qui pourront vous entendre, vous écouter, vous comprendre et surtout sans vous juger.
Et allez évacuer ça chez un professionnel ( énergetique, hypnose, psy...) si vous vous en sentez capable. J'ai regretté d'avoir autant intériorisé pour rentrer dans les standards de la société et laisser croire que j'allais pas si mal. Ca m'a bousillé...

Dans quelques jours, nous fêterons les deux ans de mon petit garçon. J'en profiterai pour trinquer à la fin de ce supplice et le début de ma nouvelle vie, de mon nouveau moi avec cette petite personne que j'aime si profondément et qui m'a permis d'être celle que j'avais vraiment envie d'être. Merci mon fiston.




    

mercredi 30 janvier 2019

Lettre à Milo

365 jours...
Mon bébé, que dire de cette année écoulée?
Elle a été intense. Les montagnes russes!
Durant cette année les émotions et les ressentis se sont succédés à vive allure.
Je t’ai aimé (plus que ce que je n’aurai pu imaginer), j’ai ri, j’ai chanté (au plus grand désespoir de ton papa), j’ai dansé, j’ai été fière de ce courage que tu as eu de te battre contre ce vilain RGO et ce satané syndrome de Kiss mais j’ai aussi beaucoup pleuré face à ta souffrance que je ne parvenais pas à soulager, j’ai culpabilisé, j’ai crié de rage, j’ai pesté contre le seigneur (alors que je suis athée), j’ai regretté, j’ai pété des câbles à tout envoyer en l’air, je me suis murée dans un silence parfois face aux autres qui ne comprenaient pas...
Tout ça en un an...
Lorsque j’ai appris que tu avais réussi à te nicher au creux de moi j’ai su que cette grossesse ne serait pas de tout repos car la plaie de ma fausse couche passée était encore ouverte et purulente mais naïvement je pensais qu’une fois l’accouchement passé tout irait bien. Bah oui j’avais déjà  assez souffert et stressé avant, il était évident qu’on allait pouvoir enfin un peu profiter de la vie à 3.
Que nenni!
Passé un premier mois assez magique, l’acronyme « RGO » est venu tout démonter sans scrupule aucun pour être suivi de près par le syndrome de Kiss encore plus pernicieux.
Une spirale infernale s’est mise en route pour abîmer nos premiers souvenirs magiques, égratigner ma relation avec ton papa et surtout le plus dur pour mon cœur de maman, te faire souffrir en continu.

Heureusement dans la vie on fait de jolies rencontres. Axelle, ta chiropraticienne en est une. Elle t’a sauvé mon bébé de ce corps dans lequel tu étais enfermé et dans lequel tu souffrais tant.

Aujourd’hui tu souffles ta première bougie. Ta maman croule sous les émotions. Un mélange de nostalgie de mon bébé qui devient de plus en plus autonome, de bonheur que tu nous ai choisi comme parents car je ne pouvais espérer meilleur bébé que toi. Cette curiosité, ce dynamisme, cette détermination font de toi un petit garçon passionnant! Tu souris constamment et ça réchauffe drôlement mon cœur de maman ça aussi et enfin je ressens une pointe d’excitation à l’idée de penser à ce que la vie nous réserve pour cette deuxième année de vie...

Je serai toujours là pour toi mon bébé Koala. J’écouterai tes peines et tes joies, je te guiderai vers le meilleur, je te cajolerai quand tu en auras besoin, je serai là pour tes petits comme tes grands
exploits, je te relèverai quand tu tomberas,j’essuierai tes larmes jusqu’à mon dernier souffle et je ne cesserai jamais de te répéter à quel point tu me rends fière.

Lorsqu’on t’a posé sur ma poitrine, j’ai su que plus jamais ma vie ne serait comme avant mais j’étais encore loin d’imaginer ce qui m’attendait...
Je pensais que je serai gauche, que je ne saurai pas m’occuper d’un petit bébé car je n’avais jamais gardé, porté un autre petit être mais finalement c’est vrai que c’est innée... Ça sort des tripes, je te connais par cœur. Je sais quand tu as mal, quand tu es triste, quand tu es fiévreux, quand tu es heureux même à distance.

Ma plus grand peur ces derniers mois a été que tu ne m’aimes pas. C’est irrationnel je sais mais ça me terrifiait jour et nuit. Aujourd’hui, je suis plus apaisée.Tu es ma plus belle histoire d amour c’est impossible que cet amour ne soit pas réciproque...

Joyeux anniversaire mon bébé... Je suis fière d’être ta mère et notre aventure avec ton papa ne fait que commencer...

Avec tout ton amour,


Ta maman







vendredi 31 août 2018

Peut être le début d'une nouvelle vie?

Oui aujourd'hui je suis en colère et j'ai besoin de cracher toute cette haine qui me hante pour ne pas imploser et me dévaster encore plus que je ne le suis déjà à l’intérieur de moi.

Des mois que mon instinct de maman est en alerte. Je sais que quelque chose cloche. Mon fils ne va pas bien. Il pleure beaucoup ( pour ne pas dire en continu toute la journée), il est en hyper extension constamment, il a de plus en plus de difficultés à s'endormir, je le sens mal dans son corps.

Début juin: Nous demandons un rendez-vous chez son pédiatre qui ne peut que constater que Milo est très agité, pas à l'aise avec son enveloppe corporelle et qu'effectivement quelques chose ne tourne pas rond. Il nous oriente vers une chiropraticienne et nous demande de continuer les séances chez la kiné à raison d'une fois par semaine.
On s’exécute.
Malgré les séances chez ses deux professionnelles de santé, l'état de Milo ne s'améliore pas. Nous avons toujours un bébé grognon en continu, qui pleure énormément, qui refuse de rester sur le ventre et qui donc, stagne en motricité puisque c'est du plat ventre que part toute l’évolution motrice. 

Je commence à m’inquiéter. George, lui, est beaucoup plus serein. Il m'apaise. Mais je ne peux m'empêcher de penser que je suis la seule à le voir H24 et donc, à pouvoir savoir s'il va bien ou pas et là je sais que ça ne va pas.

Le pédiatre lors de sa consultation avait mentionné l'éventualité d'un syndrome de Kiss.
KEZAKO?
Nous avions regardé un peu sur le net en arrivant à la maison sans vraiment se pencher sur le sujet.

Les semaines passent. Milo a les traits tirés, il dort mal, il pleure toujours autant.

Et moi je suis épuisée, je ne tiens plus debout car entendre pleurer toute la journée c'est de la torture pour mon cœur de maman d'une et aussi, il faut être honnête, c'est impossible à gérer. Je ne supporte plus ses pleurs. J'en viens même à être déçue quand je l'entend se réveiller de sa sieste car je sais que la symphonie des larmes va recommencer. Je ne peux pas le poser cinq minutes sans qu'il ne pleure. Seuls les bras le calment mais attention sans câlin car là aussi il me repousse on le sent peu enclin à être contre nous.  

Commence une ribambelle de commentaires tous plus agaçants les uns que les autres par l'entourage proche ou moins proche: il est trop habitué aux bras, vous l'avez trop stimulé dés le départ maintenant il ne sait pas jouer seul, il est râleur, il est capricieux ( au passage un bébé de six mois ne peut pas faire de caprices il n'en a pas la capacité intellectuelle)
Rester calme face à ça...

Nous testons d'autres méthodes en parallèle de la kiné et de la chiro.
Nous l'emmenons voir un énergéticien (qui pourtant m'avait bien aidé pendant ma grossesse)
Son verdict: Milo est un caractériel qui a une allergie à l'autorité et qui aime avoir le contrôle sur tout. Et il termine par " c'est vous le patron ne vous laissez pas marcher dessus"
J'en ressors peu satisfaite mais j'ai confiance. Je me dis que nous avons un bébé avec un fort caractère juste et que ça va être compliqué pour moi car rien que le mot "patron" m'a donné des frissons. Je ne veux pas faire d'adultisme, je veux être dans la bienveillance et la parentalité positive en faisant confiance à Milo et lui laissant assez de liberté pour qu'il puisse faire ses choix par lui même juste en étant à ses côtés pour le guider et lui inculquer respect et valeurs humaines mais surement pour lui imposer des choses et surtout pas dormir à 21H00 parce que je l'ai décidé alors qu'il n'a pas sommeil, finir son repas alors qu'il n'a plus faim parce que c'est comme ça.

Bref, les jours passent et j'en viens même à être énervée contre mon fils car cet énergéticien m'a dit qu'il n'avait aucune source de souffrance juste un caractère bien trempé.

Les pleurs continuent, le mal-être de bébé, familial aussi.

Nous optons pour la kinésio. Dame très douce et bienveillante au premier abord qui sent un blocage au niveau des cervicales ( on la guide tout de même un peu car je mentionne que je soupçonne de plus en plus le fameux syndrome de Kiss qui se trouve être un blocage des deux premières cervicales) mais qui m'annonce que mon enfant est en santé, qu'il ne souffre pas mais que je suis trop stressée et que lorsque j'irai mieux mon bébé arrêtera de pleurer et d'être agité.
CULPABILITE bonjour!
Elle me dit que je suis trop en connexion avec Milo, elle me demande de casser ça pendant la séance avec un exercice. Je ne suis pas prête, c'est très violent pour moi mais encore une fois j'essaie de faire confiance et je m’exécute.

Évidemment, après cette séance rien ne se passe. Les pleurs s’intensifient même.

La kiné de Milo qui avait également mentionné le syndrome de Kiss le jour avant qu'elle ne parte en congés ( et qui a crée en moi un désir de me replonger dans cette hypothèse) est remplacé pendant trois semaines par une autre kiné à qui je parle de nos suspicions de ce fameux syndrome. Elle avoue ne pas connaitre, me dit que ce n'est pas grave juste quelques tensions dans le cou, qu'il ne souffre pas, qu'il faut que je le laisse se frustrer sur son tapis d'éveil pour qu'il parvienne à gagner en motricité.
 Tentons ça...

En parallèle, je demande un rendez-vous avec une sage femme ( qui a un diplôme spécifique en nutrition pédiatrique) pour faire un point sur la diversification de Milo car étant intolérant aux protéines de lait de vache c'est pas évident pour moi sans aide.
Elle introduit des desserts lactés au lait de riz de la même marque que son lait et des yaourts de soja pour varier. Du soja???
Tiens bizarre j'ai entendu dire que ce n'était pas conseillé chez les bébés et encore moins chez les petits garçons à cause des œstrogènes. Elle a de supers arguments: lobbing industriel, moins d’œstrogènes dans le soja que dans le lait de vache... J'intègre doucement...

Les jours passent et c'est de pire en pire. Milo pleure maintenant pendant le repas, hurle, se tord.

Ma patience de maman commence à partir en peau de chagrin. Je me renseigne encore et encore sur Kiss. Je passe des heures et des heures à potasser ce foutu syndrome, à faire des parallèles avec Milo, je m'inscris sur des groupes via Facebook pour discuter avec des mamans.

Nous décidons également de retenter l'ostéopathie ( il a déjà vu 2 osteo sans effet aucun). Je contacte une connaissance à moi, je lui explique mes soupçons. Elle ne connait pas Kiss mais accepte de recevoir Milo avec son conjoint ostéo également. La séance à quatre mains sur Milo dure 40 minutes, il hurle, il est épuisé mais après 3 jours de courbatures intenses et de pleurs incessants, on le trouve néanmoins un peu plus libéré et il amorce doucement le rampé arrière. Mais je sens que ça ne suffira pas et après des nuits à me documenter j’apprends que l'ostéopathie ne pourra que le soulager quelques temps mais qu'il existe une manipulation bien précise que peu de professionnels maitrisent pour réellement débloquer les cervicales de bébé.
Je me renseigne via le groupe de mamans et la praticienne la plus proche est à 180km près de Toulon exactement.
Je demande à mon conjoint de me faire confiance et qu'il faut qu'on aille la voir. Elle a débloqué de nombreux bébés, les mamans en sont ravies, elle est kinésio également et peut détecter des intolérances alimentaires qui serait à l'origine du retour en force du reflux de Milo ( car oui le reflux est revenu en boomerang depuis quelques temps aussi)
Il accepte de me faire confiance. Je la contacte par mail et là déjà "oh miracle" je tombe sur une praticienne qui ne me prend pas de haut, qui comprend mon désespoir.
Elle nous donne rendez vous rapidement et donc hier, pour les sept mois tout pile de mon bébé d'amour, nous avons pris la route direction la Crau près de Toulon pour être fixé.

Kiss? Pas Kiss? Enfant terrible uniquement?

Diagnostic:

- Gros Kiss
- Intolérance produits laitiers (PLV)  confirmé mais aussi gluten, mais et riz et allergies croisées donc lait de chèvre, de brebis et soja
- Bébé qui souffre le martyre et qui est très résistant à la douleur à force de souffrir en continu.
- Système immunitaire au placard car intérieur de bébé tout enflammé! Reflux expliqué car probablement une œsophagite à force d’empoisonner Milo avec des choses qu'il ne tolère pas. Même son traitement pour le reflux contient du mais?!!

Nous sommes anéantis.
Je suis entre le soulagement de ne pas avoir psychoté, mon bébé a bien Kiss et j'en étais persuadée même si autour de moi personne ne me prenait vraiment au sérieux, la tristesse et la culpabilité d'avoir laissé mon bébé souffrir autant de temps et surtout la haine envers tous ces professionnels de santé qui n'ont cessé de nous répéter que notre bébé n'était pas en souffrance.

J'ai envie de tout casser, de les appeler pour les insulter mais George et ma sœur ont raison, gardons cette énergie pour gérer la suite. Milo a besoin de nous. Faut tout reprendre de zéro.

Il faut tester un nouveau lait pour bébé allergique, on va devoir l'épaissir avec une fécule naturelle prénommé ARROW ROOT car il y a du mais aussi dans son épaississant.
On élimine donc tout gluten, mais et riz de son alimentation, on demande une préparation magistrale de son traitement pour le reflux sans mais et je pleure un bon coup.

Repenser à tous ces mois où bébé a souffert et on s'est dit que c'était juste un bébé relou, où l'on a même parfois regretté d'avoir décidé de faire un enfant tant la fatigue était pesante, tant se battre dans le vent face à des gens incompétents qui ne cherche pas à s'informer plus sur certains syndromes rares et qui préfèrent culpabiliser les parents était insoutenable. Et je passe les crises de couple à cause de l'épuisement mental et physique,
J'ai cru mourir à petit feu ces derniers mois, j'ai du faire bonne figure en société pour laisser croire que tout allait bien, j'ai du prendre sur moi quand on disait que Milo était râleur, j'ai du rester calme quand les gens ne comprenaient pas la situation et qui me disait "tu devrais l'emmener chez l'ostéo" alors qu'il avait déjà testé 3 ostéo, 1 chiro, 1 énergéticien, 5 mois de kiné et 1 kinésio. Comme si je n'avais encore rien tenté alors que je déplaçais ciel et terre pour soulager mon fils!

J'en suis devenue limite dépressive à verser des litres et des litres de larmes quotidiennes, à me demander pourquoi NOUS?
Pourquoi après m'avoir volé l’insouciance de la grossesse à cause de cette foutue fausse couche avant Milo qui m'a clairement traumatisé, on m'a volé mes premiers mois avec mon bébé, ceux qui sont censés être des moments de joie (et de fatigue je sais) mais tout de même de bonheur intense. Mon bébé n'aura plus jamais 4,5 et 6 mois et ces mois-là on les a passé dans les pleurs, la souffrance, la perte de patience...

Aujourd'hui, il faut se relever et avancer. Le parcours n'est pas fini. Il faut que le système immunitaire de Milo s'apaise, qu'il accepte son nouveau lait et pour l'instant c'est mal engagé il refuse de manger car le goût ne lui convient pas mais on va s'accrocher.
Elle a replacé ses cervicales mais ce n'est pas fini car les bébés Kiss peuvent rebloquer à tout moment suite à une chute, poussée dentaire... et vu son profil c'est quasi sûr qu'il va se rebloquer mais comme la praticienne d'hier nous a dit vu son état ça passe en dernier plan. D'abord on gère son alimentation pour apaiser son corps puis petit à petit on gérera le reste.

Je crois qu'aucun de nous 3 ne sortira indemne de tout ça. Bien que sur les rotules pour le moment, on va se requinquer et nous ne serons que plus forts par la suite.
Chez certains la grossesse, la naissance et les débuts sont un rêve éveillé, pour nous ce fut un cauchemar mais on ne perd pas espoir on va en faire un rêve également et nous ne savourerons que plus la suite de notre vie à trois.

Ce n'est que le début d'une longue et douce vie pour notre famille...



  

mardi 3 juillet 2018

Cinq mois de toi...

30 Janvier 2018...
Premier jour du reste de notre vie.
Cinq mois que tu es venu bousculer notre quotidien, foutre un coup de pied dans nos habitudes, défaire notre routine.
Qu'était la vie sans toi? Parfois j'essaie de me souvenir mais c'est comme si tu avais toujours été à nos côtés.
Comment étaient nos matins sans tes gazouillis? Comment étaient nos journées non rythmées par ton appétit vorace?
De quoi parlions-nous avec papa chaque soir? De quoi étions-nous fiers? Qu'est ce qui faisait battre nos cœurs au point d'avoir l'impression qu'ils vont exploser parfois?

Ce n'est pas simple tous les jours. Les mots "reflux interne" sont venus un peu assombrir nos premiers mois avec toi et te faire souffrir plus qu'une maman ne peut le supporter. Tu pleures beaucoup, tu souffres, et moi je suis là, impuissante. Je me dis que je devrai toujours savoir ce que tu as mais parfois je dois t'avouer que je sèche. Reflux? Gencives? Fatigue? Chaleur?
Je suis larguée et j'ai mal. Mal de ne pas parvenir à répondre à tous tes besoins, mal de parfois être excédée par tes pleurs, mal de ne pas être une maman parfaite.
On me chuchote que ça n'existe pas... Quelle frustration!

J'aimerais être une super maman, pas pour la cape non juste pour que tu sois toujours apaisé, épanoui, heureux, fier de moi, que tu ais confiance en toi à chaque étape petite ou grande de ta vie, que tu sois bien dans tes sandales Hippie Ya.

Je me souviens du discours des mamans avant que je n'accouche. Je les trouvais surfaits. Aujourd’hui je suis de ces gens là.
Oui l'amour d'un mini bout d'humanité te fait oublier les douleurs insoutenables de l'accouchement, les nuits blanches, les pleurs continus. Tu deviens une boulimique des regards de ton bébé et ça t'aide chaque matin à retrouver patience, énergie et détermination pour une nouvelle journée sous le signe de la surprise, parfois une douce journée rythmées par les câlins et les sourires, parfois rimant avec crises de larmes et refus de nourriture.
Mon plus grand souhait: que ce foutu reflux te laisse enfin tranquille pour que tu puisses profiter et jouir de la vie autant que tu le désires, mon bébé sourire, celui dont l'odeur suffit à me faire mourir d'amour.
Cette forme d'amour limite déstabilisante tant elle est inconnue, qui débarque comme un tsunami dans ta vie sans que tu n'y sois jamais assez préparé.

Mon bébé tu as 5 mois. La vie est belle. Y'a pas à dire. Te regarder dormir, t'entendre rire aux éclats avec ton papa, te voir dévorer mes purées maison, te sentir tout contre moi...
Comment ai-je pu vivre presque 32 ans sans toi?




mercredi 17 janvier 2018

Lettre à toi, mon bébé


Dans moins de deux mois maintenant nous allons nous rencontrer.
Enfin!
Tout le monde trouve que le temps est passé vite même ton papa mais moi je trouve justement que le temps se fait long.

Vendredi 16 juin 2017, je décide en sortant du boulot de passer chercher un test de grossesse à la pharmacie. Aucun retard de règles, aucun signe particulier sinon une poitrine un peu douloureuse mais j'en achète un tout de même en prenant bien soin de ne rien dire à ton papa pour le préserver en cas de résultat négatif. Car des tests urinaires j'en ai fais par dizaines depuis le 17 Octobre 2015, jour où l'on a pris cette décision, LA décision de toute une vie, celle de ne plus être que deux, celle de nous partager pour donner la vie à un petit être qui sera la moitié de nous pour former un tout forcément parfait, non pas parce que nous le sommes mais parce que nous serons forcément fous de toi. Nous avons essuyé beaucoup d'échecs chaque mois sans fichu trait qui apparait sur le petit écran, puis un jour un test positif mais là encore fausse joie, il s'agit d'un faux positif car la prise de sang le lendemain est unanime: aucun bébé ne grandit en moi. Puis encore un coup dur, après un petit trait rose le 1er avril 2016 (on comprendra plus tard que ce fut un mauvais poisson d'avril de la vie) une fausse couche en mai avec un curetage qui casse un peu nos cœurs. Après une pause de quelques mois, un voyage à New-York et la reconstruction de nos espoirs d'être parents un jour, voici un joli trait très très clair sur le test au creux de ma main. Ton papa n'est pas là. Je suis partagée entre sauter de joie et rester très très lucide sur le fait que rien n'est gagné mais n'empêche c'est un bon début...
Je dois l'annoncer à ton papa que j'aime appeler ici sur le blog mon "George". Seulement voilà je suis stressée. Je ne sais pas comment le lui dire. Finalement, j'ai caché le test derrière mon dos mais mon sourire m'a trahi tout de suite et il a compris avant que je ne lui tende qu'on avait réussi la première étape. Il me prend alors dans ses bras, en me se répétant qu'il faut rester prudent et ne pas trop s'emballer mais il est heureux. Je le discerne derrière sa pudeur.

Lendemain matin première heure, je file à la pharmacie chercher un second test (positif lui aussi) puis je cours au coin de la rue faire une prise de sang pour vérifier que nous ne sommes pas en train de rêver.
Après cela on se prépare car ce n'est pas tout mais nous sommes de mariage aujourd’hui et nous devons nous faire beaux. Malgré tout, je ne pense qu'à cela, j’attends le mail du laboratoire comme le St Graal. Peut être arrivera t'il cet après midi? Peut être lundi? La dame du laboratoire n'a pas pu me donner de réponse précise.
Finalement, nous sommes en route pour rejoindre les copains chez tonton Jutoss pour partir tous ensemble au mariage sur Aix en Provence et là j'ai un mail...

...Un tout petit bout d'humanité grandit en moi... Nous avons à peine le temps de nous prendre la main que la voiture de ton papa s'engage sur le chemin de terre et que nous voyons au loin nos copains tout beaux prêts à partir pour le mariage de Julie et Simon.
La soirée est folle. Nous sommes tout chamboulés même si la prudence reste le maître-mot après notre expérience de l'an passé. Malgré tout nous sommes excités, je n'ai jamais été aussi heureuse de ne pas pouvoir boire de champagne, ton papa lui boit pour moi et finit assez alcoolisé mais il est tellement touchant avec son petit secret qui le rend tout sourire car personne ne se doute de rien évidemment...

Les jours qui suivent ne ressemblent en rien à cette journée festive. L'angoisse, du moins chez moi, prend le dessus et j'ai peur. Terriblement peur de te perdre. Les journées qui nous séparent du premier rendez vous médial semblent si longues... Je pleure beaucoup, tous les jours, et je culpabilise de te faire subir déjà tout ça, toi mon petit poisson comme j'aime t'appeler, déjà si petit et déjà si confronté aux angoisses de ta maman. 
À cela s'ajoute beaucoup beaucoup de nausées, des vomissements quotidiens, une salive au goût immonde (que j'ai toujours à l'aube d'accoucher),un mal-être physique infect qui font de moi une véritable loque humaine qui subit cette période... Je n'y peux rien, je n'arrive pas à être heureuse. La peur me ronge. Lors de notre expérience malheureuse j'ai senti dès le départ que quelque chose clochait et malgré un passage aux urgences je savais au fond de moi que c'était pas cette fois-ci la bonne, là je me suis promis de m'écouter mais étrangement je ne ressens rien. Ou alors si, j'ai constamment l'impression que ton petit cœur ne bat plus... 
Arrive enfin notre premier rendez-vous médical avec première échographie de datation. Tu vas bien. Ton cœur bat comme un petit fou à plus de 150 Bpm. Nous sortons rassurés mais cela ne dure que quelques jours. 
Il me faudra te sentir gigoter au creux de mon ventre pour être parfaitement rassurée... J'ai mis du temps à créer un réel lien avec toi mon bébé car j'avais terriblement peur de te perdre et de fait je me suis beaucoup protégée mais le 19 Octobre pour la première fois je te sens bouger. Je sors comme une furie de notre chambre, des larmes pleins les yeux, le dire à ton papa qui, je le vois, est soulagé. Depuis le début il tient les commandes. Il ne s'autorise pas à craquer devant moi, ni même à douter car il doit faire contre poids avec ma fragilité latente et je l'en remercie de toute mon âme mais je sais que parfois il a douté aussi... Il a eu peur de te perdre... 

Nous apprendrons aussi rapidement que tu es un petit garçon. Moi je ne suis pas étonnée car je me suis toujours vu maman d'un petit mec sans pouvoir l'expliquer... 
Nous sommes heureux. Je suis heureuse. Je sais qu'il n'y aura pas meilleur papa que celui que je t'ai choisi pour t'inculquer les jolies valeurs de la vie, le respect des autres et particulièrement des femmes, la tolérance, l'ouverture d'esprit et l'amour du rock n'roll ...

Aujourd'hui, nous sommes à 47 jours de notre rencontre.
Bien sûr il n'existe pas de science exacte. Seulement 5% des bébés arrivent pile le jour de la date prévue d'accouchement mais quoi qu'il en soit j'ai le pressentiment que tu n’arriveras pas avant terme... 
Je sens que tu es bien au chaud dans mon ventre et que tu t'y plais bien. Tu bouges assez pour me rassurer mais pas au point de me faire souffrir à grands coups dans les côtes.
Tu es déjà si parfait dans mon bidou ... 

Avec ton papa, nous commençons à nous impatienter. Nous avons hâte de pouvoir te serrer tout contre nous et vivre de jolis moments avec toi où le temps n'aura plus aucune valeur, où ton odeur suffira à nous rendre fous d'amour, où tu seras notre moteur pour avancer et devenir une meilleure version de nous même au quotidien. 

Aucune pression mon amour. Tu arrives quand tu le décides. Juste sache que papa et maman sont prêts à t'accueillir. On fera du mieux qu'on le pourra sois-en-sûr mais sois tolérant avec nous car pour être tout à fait franc avec toi, on n'y connaît pas grand chose en bébé... On va tout apprendre avec toi... On fera une équipe de choc tous les trois! C'est une évidence... 


Tendrement, 


Ta maman 





jeudi 20 juillet 2017

50 choses que je n'aime pas

Je n'aime pas: 

les plages bondées, les séries politiques, (trop) la viande, l'injustice, l'agenda sur l'i phone, les chaussures blanches, les gens "trop" dès la première rencontre, les gens qui ne savent pas garder un secret, la texture de la mangue, courir, sentir que mon appartement n'est pas propre, la fin des vacances, les gens autocentrés, les jupes en jean, me voir en photo, les gens qui critiquent ma consommation "bio" alors que personnellement je ne leur demande rien et surtout pas de faire de même, les films de science-fiction, le whisky, les cravates, aller chez le gynécologue, tous les lundis matins, quand mon amoureux repousse à demain ce qu'il doit faire, avoir les ongles écaillés, me coucher trop tard, les gens qui donnent leur avis sur mes tatouages, le film Inception, le chanteur Jules, New-York, les magazines people, repasser mon linge, les prénoms américains, attendre à l'aéroport, avoir la gueule de bois, l'été, les cirques et parcs animaliers, ne pas voir ma sœur de plusieurs jours, le FN, dormir chez des gens, les ombres à paupières colorées, devoir me forcer à parler aux gens, les bouchons en voiture, les pièces trop éclairées, les anchois, les régimes, les ustensiles de cuisine en plastique, les photos non travaillées sur Instagram, décortiquer les crevettes, la méchanceté gratuite, les collants couleur chair et enfin je n'aime pas laver ma voiture. 








mardi 27 juin 2017

50 choses que j'aime

J'aime: 

l'odeur de la pluie, manger de la pastèque, regarder des épisodes de Friends dans le lit, les bodies en dentelle, lire sur ma terrasse en rentrant du boulot un smoothie à la main, le vin rouge, voyager, voir nos tomates rougir, danser, les têtes de mort, faire du yoga dans mon salon, l'odeur du café, les plats végétariens, écouter mon amoureux jouer de la guitare, faire du shopping avec ma frangine, boire du thé, les bougies avec des mèches en bois, les guirlandes lumineuses, jouer avec mes petits chats, écrire sur mon agenda manuscrit, inviter nos amis à la maison, entendre le feu crépiter dans le poêle , les planches à découper en bois, les myrtilles, les gilets doudous, porter des Converse, les vinyles, faire des paquets cadeaux, passer la journée au bord d'un lac, la période de Noël, l'odeur de mon chat Junkie, Mathieu Chedid, la cannelle, le mot "plénitude", que mon appart soit propre et bien rangé, la série Californication, les lumières douces et tamisées, l'odeur de la fleur d'oranger, le groupe I am, chanter[faux], les tartes aux fruits, cuisiner pour mon amoureux, écouter Norah Jones, le saucisson, l'odeur du monoï, les photos Polaroïd, l'odeur des bébés, les paniers en osier, les brioches à la praline et entendre mon George me dire "je t'aime". 



                                                     

Crédit photo: Pinterest 


vendredi 3 mars 2017

Amitié&Nostalgie

Se déhancher sur Funky Town à chaque anniversaire, squatter Utopia, s'empiffrer de tartines chèvre/miel chez Ginette&Marcel, jouer au rami tous les dimanches soirs, se surnommer Queline et Mafalda, fantasmer sur Gérard Butler dans Ps I love you, chanter en yaourt sur des tubes british, ne pas se lasser des répliques du film (un peu pourri) "Essaye-moi",aller courir au parcours de santé de Chateauneuf, se rappeler ce séjour à Londres et notre soirée à La Church, se remémorer toutes ces soirées inoubliables dans le sous-sol des grands parents et les séjours au camping en Ardèche, bref voir le temps défiler et ne pas oublier, ne pas perdre une miette de ce temps partagé ensemble. Un deuil amoureux fait et refait depuis le temps mais un deuil amical impossible.
On s'est aimé, j'ai fait le choix de m'éloigner pour guérir mon coeur tout cabossé, je n'ai aucun regret car j'ai réussi à soigner mon âme mais il existe toujours au tréfonds de mon coeur une place pour ces trois drôles de dames que j'ai tant aimées, avec qui j'ai tant ri et qui me manquent encore malgré les années qui défilent à une allure folle.

C'est donc ça les coups de foudre amicaux. Il y a des jours où je suis nostalgique mais ja garde tout de même un sourire au bord des lèvres et d'autres où je suis plus tristounette de ne plus les avoir auprès de moi même si nous avons beaucoup évolué et je ne sais pas si aujourd'hui nous aurions encore la même alchimie. Où qu'elles soient je leur souhaite tout le bonheur du monde et je fais confiance au destin, si l'on doit se retrouver un jour la vie fera son travail.

Heureusement j'ai fait,depuis, d'autres très jolies rencontres qui me donnent du baume au coeur au quotidien et qui ont fait de moi la femme de presque 31 ans que je suis aujourd'hui...



samedi 10 septembre 2016

Routine bien-être


Faire les courses, préparer à bouffer au quotidien, faire le ménage, bosser 8 heures par jour, passer plus d'une heure dans les transports,faire du sport... Voilà un rythme effréné qui a vite fait de nous entraîner dans la spirale infernale du quotidien où le bien-être ne trouve plus sa place et où l'on devient bien vite un petit robot. 
Pourtant il existe des tas de petites astuces pour se faire du bien au quotidien tout en continuant à honorer les impératifs. 

Ma routine bien-être: 

Le matin, mon réveil sonne tôt. 06h00. J'ai le choix (et la chance) de commencer le boulot entre 07h30 et 09h00. Je pourrai me lever au dernier moment, prendre mon thé en courant, me jeter sous la douche et partir sous les chapeaux de roues dans ma Twingo. Oui mais non! Le matin c'est sacré pour moi! Ca conditionne totalement le reste de ma journée. Donc oui je me lève tôt mais mes collègues ne voient pas le bout de mon nez avant 08h15 voire 08h30. Je prend le temps de me faire un petit déjeuner équilibré qui varie selon mes envies (pain complet/beurre de cacahuètes ou purée d'amande, un thé, des fruits ou un yaourt au soja ou un bowlcake...) Bref les idées ne manquent pas sur la toile pour un petit déjeuner copieux, sain et gourmand! 
Je me prépare tout ça sur un plateau et je m'installe sur mon canapé pour un réveil en douceur. Selon les jours, je médite un peu, ou je fais dix minutes de Yoga pour mettre mon corps en marche et bien sûr je me connecte un peu en yeutant mon fil d'actualité Instagram et mes mails. 
Puis je file dans la salle de bain, voiture et bonjour tout le monde au boulot! 

Là encore au bureau, je m'accorde des moments à moi. Je bosse 8h par jour avec une pause de 35mn pour manger donc pas facile de penser à soi avec une cadence aussi rapide mais ce n'est pas impossible. J'ai là encore de la chance d'avoir de réelles amies au boulot donc nous nous octroyons une pause de 10 minutes chaque matin et chaque après midi autour d'un thé pour papoter. On coupe avec le boulot, on parle de nous de ce qu'on aime, de mode, d'alimentation, de sport, de beauté peu importe on se pose vraiment et ça fait du bien. Par ailleurs, en cas de montée de stress, d'énervement,j'ai toujours sur moi de l'huile essentielle de petit grain bigaradier. Ca calme en un rien de temps et même si ça fait un brin "hippy" d'avoir dans son tiroir du bureau la panoplie de la parfaite chimiste avec mes huiles et mes infusions bien-être j'assume totalement et cela me permet de gérer la pression au boulot! 

Le soir, je rentre à la maison. Je commence direct par ma séance de renforcement musculaire qui dure 30 minutes puis je file sous la douche et j'enfile une tenue décontractée. Il est important de ne pas rester en tenue de la journée chez soi car l'esprit l'associe au boulot et il est ainsi plus difficile de couper avec son quotidien justement. 
Ensuite étape préparation du repas. Toujours en mode sain. Légumes,
Viande maigre, poisson sont à l'honneur. J'en profite pour préparer aussi mon repas du lendemain midi.
Souvent je m'octroie un petit plaisir sur le canapé après le repas. Une petite nice cream en guise de dessert devant ma série du moment (Walking Dead et je suis à fond) 
Recette: une banane congelée, du cacao cru non sucré et hop le tout au blender) 

Direction le lit vers 23h - 23h30 maxi . 
En général, je médite 10 minutes afin de déconnecter complètement. Puis je bouquine une vingtaine de minutes ou je regarde un épisode de Friends pour terminer ma journée sur une note d'humour (voire un vrai fou rire vu mon amour inconsidéré pour cette série) 

Finalement, il est très facile de parvenir à pense à soi malgré le rythme que nous impose la routine. Bien sûr il y a des jours où je n'ai pas envie de méditer, de faire du yoga, de faire mon renforcement musculaire ou de préparer un petit plat healthy et c'est pas bien grave. Je mange une pizza et tout va aussi bien! Le tout est d'équilibrer son quotidien. 
Toutes ces petites choses font de moi quelqu'un de plus cool, de plus serein et de moins stressé. Je ne dis pas "plus stressé du tout" car certaines personnes de mon entourage vont s'étrangler en lisant ceci mais au fond de moi je me sens mieux et je sais que jamais je ne pourrai revenir au temps où le temps était compté à la minute, oú je ne pensais jamais à me poser par soit disant manque de temps mais le temps c'est nous qui le gérons et aujourd'hui oui je vais préférer faire une séance de Yoga à mon repassage. Est ce raisonnable? 
Non pas du tout. Mais j'ai réalisé que personne ne souffrait de mon linge non repassé. Personne n'allait m'infliger de sentence. Oui mon appart ressemble un peu moins à un appart témoin mais il est plus vivant, mon George se sent moins oppressé et moi je le vis bien! Que demander de plus? 

A cela s'ajoute des voyages dès qu'on le peut, des expos, des cinoch et des bouquins pour découvrir, s'enrichir et ne pas laisser le cerveau se mettre en OFF à force de faire tous les jours la même chose. 

Certains diront que c'est simple pour moi car j'en n'ai pas d'enfants. C'est un fait. Mais je pense que ce n'est pas incompatible avec une famille. Bien sûr je ne suis pas utopiste au point de penser que c'est aussi simple mais je suis persuadée que c'est possible. Le tout est de ne pas se mettre la pression, d'accepter que tout ne soit pas parfait dans son domicile pour que ce soit plus parfait tout au fond de nous car finalement si notre corps et notre âme vont bien on ne pourra renvoyer que du bon à notre famille et nos amis et je crois que c'est la clé du bonheur. Dégager du stress est autant néfaste pour soi que pour ceux qui se le prennent en pleine tronche sans avoir rien demandé. 
Soyons plus zen pour nos amoureux, nos enfants, nos amis... Et même si le moment du ménage et des courses nous rattrapent toujours car aucun lutin ne vient remplir mon frigo et passer l'aspirateur (bien que je me dois de donner une mention spéciale à mon George qui m'aide beaucoup aussi au quotidien) je crois que toutes ces "obligations" passent bien mieux depuis que je sais penser à moi et m'occuper de mon corps et mon esprit. 





lundi 21 mars 2016

Une jolie rencontre

La vie réserve de belles suprises parfois. 
Il y a aujourd'hui deux ans et et demi de cela, je passais la porte de mon boulot pour la première fois. Je suis arrivée seule. Je ne connaissais personne. J'ai reçu un bel accueil malgré une arrivée pas très appréciée par certains. 
Puis vite, très vite, en grande pipelette que je suis, j'ai appris à connaître les gens et là, j'ai fait une rencontre, une belle rencontre, une de ces rencontres où l'on se dit que l'on a de la chance. 
Une femme exceptionnelle qui a été également une formatrice en or sur le plan professionnel. J'ai beaucoup appris d'elle et sur le plan humain elle m'a été encore plus indispensable. 
Elle m'a remonté le moral quand il flanchait, elle m'a donné confiance en moi, elle m'a fait découvrir tellement de choses dans tellement de domaines ( musique, art, cinéma, littérature, cuisine et j'en passe...) 
Elle a été une oreille attentive, elle fait parti de ces gens qui se préoccupent vraiment des autres, elle m'a fait rire, elle m'a guidé, elle m'a ouverte à de nouvelles choses... Je ne compte plus les heures passées à discuter de tout de rien, d'amour, de voyages, des rapports humains, de la vie tout simplement... 
Elle a été une maman de coeur et aujourd'hui elle part en "retraite". 
Un mot que j'ose écrire ici mais que je ne prononce pas devant elle car elle l'aime pas ce mot et il lui va si mal elle a raison. Elle est plus moderne dans sa façon de vivre, d'aimer que beaucoup de personnes de mon entourage. 
Elle a une vision de l'amour que j'épouse complètement et malgré les décennies qui nous séparent j'ai rarement été autant en adéquation quelqu'un. Elle m'a prouvé que l'on pouvait s'aimer toujours d'une aussi belle façon malgré les années, elle m'a prouvé que l'homme qui partage notre vie peut être notre meilleur ami tout en gardant une part d'indépendance. L'amour qu'elle porte à son époux est d'une beauté incroyable. 
Elle m'a chamboulé tout simplement. C'est une passionnée, une personne incroyablement intelligente qui aime ou qui déteste et par la même occasion que l'on aime ou que l'on déteste car elle est entière. Elle se bat pour ses valeurs, elle ne lâche rien jamais et elle force l'admiration. 

Elle va beaucoup me manquer au quotidien. Je sais que je la reverrai parfois autour d'un thé mais elle va quand même me manquer horriblement. 
De son côté, elle va pouvoir écumer les expos de la région, partir en randonnée avec l'amour de sa vie et j'en passe mais moi elle va me manquer. Je me sens égoïste. Après tout elle a mérité ses grandes vacances. 
N'empêche j'ai le coeur lourd... 
Je perds plus qu'une collègue de boulot. 
Je perds un repère, un pilier, une amie. 
Mais je remercie la vie de l'avoir mise sur mon chemin. 




lundi 15 février 2016

Je me sens mal!

Bonjour le titre négatif! Si vous avez envie qu'on vous sape le moral vous êtes tombés sur le bon blog!
Je cogitais. Je suis pas forcément bien et dans un moment d'égarement celles (et ceux) qui me suivent sur Instagram ont pu voir que j'ai posté une photo déprime il y a 15 jours de cela (avec une légende tout aussi ridicule) mais que je me refuse à supprimer car je me dis "ma vieille tu as deconné maintenant tu assumes!Ca t'apprendra à te moquer des autres qui se deversent sur la toile!)

Bref je vais mal. Pourtant me direz-vous en apparence tout va bien. J'ai une famille aimante et prèsente, des amis tout aussi présents et géniaux, un amoureux qui assure, un job dans lequel je me sens pas trop mal (un job tout court déjà vu la conjoncture c'est pas mal), un appart que j'adore et un petit chat trop chou. J'ai de quoi manger, m'offrir des choses qui me font plaisir, partir un peu en vacances. Enfin tout va bien en apparence et pourtant... 

Il existe chez moi comme une sorte de mal être ambiant pas au point de me pendre avec le fil du téléphone au boulot mais toujours sous jacent prêt à refaire surface à la moindre contrariété. 

Aujourd'hui il est au taquet. 

Pourquoi?

Déjà je me sens physiquement pas au top. Quelques kilos en trop comme à peu près toutes les filles qui me rendent un peu la vie dure. Après certains jours je les vis mieux que d'autres mais la clé principale du problème est mon alimentation. Je m'explique. Je sais, par expérience, que beaucoup de choses me crée des problèmes de digestion et me rendent mal. Pour autant, j'ai du mal à supprimer totalement ces choses de mon alimentation. Tout simplement parce que ce sont toutes les bonnes choses, les choses grasses. Alors c'est difficile pour plusieurs raisons. La première c'est les autres. Souvent ça ne gênerait pas de ne pas consommer d'aliments gras autour d'un repas sauf que lorsqu'on est invité c'est difficile de refuser ça me gêne et j'ai toujours peur de vexer la personne qui me reçoit. La deuxième c'est la peur de passer pour la relou de service qui ne sait pas profiter de la vie, qui pire "est au regime" alors que oui c'est un regime mais pas par désir de maigrir meme si je ne dis pas non à quelques kilos en moins mais c'est surtout dans le but de me sentir bien en rentrant de soirée ou même le lendemain. Enfin la troisième c'est l'effet de groupe, le moment où je me dis "tant pis" et où finalement les douleurs de digestion font tellement partie de mon quotidien que je les subis sans mot dire. 
Je suis déjà intolérante au lactose donc j'ai retiré depuis plus d'un an maintenant toutes les sources de lait de vache. C'est déjà contraignant au quotidien mais pour vraiment me sentir mieux je sais qu'il faudrait que je supprime encore de nombreuses choses, que je mange beaucoup plus léger le soir mais c'est encore une fois pas simple lors d'invitations, de restau... Que je supprime totalement l'alcool car c'est un vrai poison pour mon corps et je souffre beaucoup pour deux verres de vin rouge même s'il s'agit d'un St Joseph que j'aime beaucoup, que je supprime tout ce qui est sucre rapide le soir même le week end. 
Personnellement pour être mieux je suis prête à le faire mais ça engage des changements, et notamment dans ma façon de communiquer avec les autres. Oser dire "non merci j'en peux plus". Assumer ne plus boire d'alcool sans craindre qu'on me prenne pour une fille qui ne sait pas s'amuser ou croire que je suis enceinte car oui à 29 ans quand tu refuses un verre t'es en cloque c'est comme ça! 
Assumer tout simplement de consommer mieux pour me sentir mieux car actuellement tout mon corps en souffre. J'ai le teint terne, la peau plus grasse, le cheveu merdique, les petits bourrelets au bidou, je suis fatiguée en continu que je dorme 10h ou 4h, que je sois en vacances ou que je bosse, j'ai des poches que dis-je des valises sous les yeux et je lutte pour attaquer ma journée, et pour tenir après 21h00. Je manque cruellement d'énergie. Je me traîne. 
Je sais que c'est en lien avec mon hygiène de vie. A cela s'ajoute la sédentarité. Oui je ne fais pas de sport je n'aime pas ça et ça équivaut à de la torture à mes yeux mais je dois reconnaître que cet été j'ai pratiqué le Mihabodytec (pour celles qui ne connaissent pas c'est une méthode d'electrostimulation  pour tout le corps grâce à un attirail truffé d'électrodes aux endroits stratégiques tout en pratiquant des excercices simples pendant 20minutes. Attention j'ai dis simple pas "non douloureux". ) Ca s'est révélé parfait pour moi qui n'aime pas le sport car seulement deux séances de 20 minutes par semaine avec des résultats visibles rapidement et surtout une envie de mieux manger pour optimiser les résultats et voir son corps se modifier, avoir plus d'énergie bref j'étais au top. Seul bémol le prix 350€ les dix séances j'ai du donc arrêter un jour. Aujourd'hui je me rends compte que c'est la seule période où je me suis sentie à peu près bien, où j'ai osé me mettre en maillot, où mon ventre m'a fait le moins souffrir, où j'ai arrêté de dire à mon mec "je peux plus me blairer" en me regardant dans le miroir avant de partir en soirée. 

Pour résumer cette longue chronique remplie de plaintes et de jérémiades, j'aimerais manger plus sain surtout pour me sentir plus en accord avec mon corps avec ce qu'il réclame et ce qu'il accepte. Arrêter de lui infliger trop de "cochonneries" pour enfin pouvoir profiter des mes soirées jusqu'au bout sans mal au ventre, ne plus me coucher pliée en deux de douleur ou me lever encore lourde et vaseuse et tant pis si on me taxe de pas rigolote qui ne sait pas profiter de la vie moi je sais que pour mieux profiter de la vie justement ces changements seront bénéfiques. Manger Mc do entre potes et le regretter toute la nuit je ne veux plus. Ca ne vaut pas le coup. 

Je ne dis pas que je vais dire adieu à toutes les choses grasses que j'aime je ne suis pas dans les extrêmes non plus et si je sens que mon corps peut le tolérer ou juste que j'en ai très envie je me laisserai tenter je reste humaine aussi. 

Enfin consommer mieux pour respecter mon corps et ses besoins voilà mon objectif premier. Je suis dans une démarche encore plus globale de consommation où j'ai même envie de revoir ma façon de consommer au sens large c'est à dire fringues, chaussures, maquillage etc car je fais le constat de ma sur-consommation pas toujours réfléchie, parfois un peu compulsive mais ce sera l'objet d'une autre chronique celle-ci est déjà assez longue. Je reviendrai! 

N'hésitez pas à me faire part de vos témoignages si vous avez déjà ressenti ça, si vous avez des astuces pour retrouver de l'énergie grâce à des méthodes naturelles (naturopathie, phytothérapie...) car même si j'espère que le changement d'alimentation va m'aider à retrouver un peu de pep's je ne suis pas contre un petit boost à base de plantes ou autres. 

Merci si vous êtes restés jusqu'à la fin. Je suis une pipelette, ayez une pensée pour mon George qui entend ça en boucle depuis déjà quelques temps... 





dimanche 6 décembre 2015

Les douceurs de l'hiver

Déguster un thé bien chaud aux saveurs de Noel accompagné d'une délicieuse tranche de pain d'épices tout en feuilletant mon magazine préféré.

Mijoter de bons petits plats bien gourmands où dansent en coeur champignons et lardons . Boire du vin rouge. Faire une overdose de foie-gras. Abuser de la cannelle dans mes desserts. 

Regarder pour la vingtième fois la saga de Sissi l'impératrice. Et les films à l'eau de rose de Noel sur M6. 

Faire mon sapin. Installer ma guirlande électrique aux couleurs traditionnelles. Coller des stickers en flocons de neige sur mes vitres. 

Emballer tous les cadeaux. Faire jongler les paillettes, les rubans dorés et les petites étiquettes à motifs avec un chant de Noel en fond. 

Bouquiner au coin du feu avec le bruit des flammes qui crépitent, des tonnes de bougies partout dans la maison. 

Me blottir dans mon plaid avec mon amoureux et mon chat devant notre série favorite. 

Troquer nos soirées potes en ville pour des soirées "jeux de société". 

Déguster des marrons chauds sur un marché de Noel. Y dégoter du confit d'oignon chez un petit producteur. 

Sortir ses gros gilets en laine, ses écharpes doudous et ses UGG d'amour. 

Aller marcher en forêt et y ramasser des pignes de pin pour parfaire sa deco de table pour les fêtes. Prendre l'air pur et couper avec le stress du quotidien. 

Préparer du chocolat chaud à son amoureux. Le déguster un dimanche après-midi cocooning coupé du monde rien que lui et moi. 

Espérer que quelques flocons surgissent dans les prochaines semaines pour faire un bonhomme de neige. 

Apprécier les moments tout simplement. Vivre dans la pleine conscience de tous ces petits instants parfois tres brefs mais qui font de moi une femme heureuse, épanouie et sereine. Capter le sourire, le petit geste tendre ou la jolie phrase qu'un proche nous offrira. Se blottir dans les bras de ceux qu'on aime pour se réchauffer. 

L'hiver est définitivement une période chaleureuse qui réchauffe nos cœurs. Profitons du froid dehors pour réchauffer nos corps et nos âmes et ainsi se laisser emporter par la magie de Noel. 






lundi 19 octobre 2015

Se protéger VS Être amoureux

Se protéger... Le maître mot au départ d'une histoire. On a morflé, on a vu nos copines se planter. Aujourd'hui, nous sommes prudentes, nous ne nous plongeons plus à corps perdu dans les premiers beaux yeux verts d'un Apollon qui traverse la ruelle.

Alors on met une protection maximale. On prend beaucoup de distance face à ce qu'il nous dit, ses agissements, ses promesses... 
On lutte. On renforce toujours un peu plus la carapace de Michel Angelo pour ne pas souffrir car l'amour ça peut faire mal. ( phrase du jour bonjour!) 

Sauf que moi je me pose une question: 
" Peut on garder Ad vitam aeternam cette soupape de protection? " 
Même lorsqu'on tombe amoureux? Lorsqu'on s'engage avec l'autre? Appart? Mariage? Bébé? 

Peut on se protéger à jamais? 

Je suis de celles qui se protègent. C'est plus fort que moi. Aux prémices d'une histoire je me méfie, je suis en mode vigilance nuits et jours quite a passer à côté de jolis mots, de doux moments mais je considère qu'il ne faut pas trop s'emballer donc je ne vis au final que 60% de mon histoire naissante comme ça si ça chute, la dégringolade ne sera pas trop rude. 

Mais lorsque je tombe en amour alors la j'accepte, avec la venue des sentiments, de baisser la garde, de m'investir à 1000% et donc de me protèger que très partiellement. 
Je ne réfléchis pas à tout ceci, cela vient avec le sentiment amoureux évidement, avec l'envie de partager ma vie actuelle avec la personne en question. 

C'est probablement dangereux je le concède mais je n'ai pas envie de lutter. Cela va bientot faire trois ans que je suis avec mon George, on a de jolis projets ensemble à moyen et long terme, de réels projets concrets et il est vrai qu'à ce jour je sais que j'ai laissé sur le bord de la route ma soupape protectrice. Aujourd'hui je donne tout ce j'ai dans mon histoire d'amour qui devient de jour en jour mon histoire de "vie" et je prend le risque de souffrir de nouveau mais tant pis! 

C'est le prix à payer. Être vulnérable, craindre la fin bien sûr mais je vis ce que j'ai à vivre avec lui à chaque nouvelle journée qui passe et advienne que pourra. 

Bien entendu je serai dévastée si un jour il prenait la porte, bien sûr que je ne croirai plus en l'amour mais j'aurai tout donné et je suis persuadée au moins que je n'aurai aucun regret d'avoir eu que le second rôle de cette comédie romantique malgre la triste fin...








dimanche 11 octobre 2015

Collect moments not things...

Voici une citation qui me parle particulièrement. 
Effectivement, je suis de celles qui aiment Instagram car j'aime tomber au hasard des clics sur de jolis instants entre amis ou familiaux, je prône l'être plutôt que l'avoir et pourtant... 
Je suis aussi de celles qui collectionnent les Wish List un peu partout (Insta, Pinterest, sur mes notes de l'I phone et sur mes multiples carnets dans mon sac à main) 
Toujours à la recherche du gilet en mohair qui me rendra heureuse, de la lampe esprit recup qui me rendra heureuse, de la crême hors de prix qui me rendra heureuse (ou pas...)

Toujours de nouvelles envies, de nouveaux besoins pour être à priori heureuse. 

Voici aujourd'hui 10 choses qui me rendent vraiment heureuse et qui ne me coûtent pas un centime. 

1. Siroter une tisane à la cannelle bien chaude dans mon lit juste avant d'éteindre la lumière. 

2. Voir George et mon chat d'amour Junkie jouer tous les deux chaque soir comme un rituel. 

3. Admirer la couleur des feuilles en automne, cette saison que j'aime tant, emmitouflée dans mon énorme écharpe bien chaude. 

4. Recevoir un sms de mon amoureux me disant qu'il m'aime comme ça de façon inopinée en plein milieu de la journée. 

5. Émincer des oignons, couper des champignons, faire rissoler des lardons et sentir les effluves du plat sur le feu tandis que la nuit tombe peu à peu par la fenêtre de la cuisine. 

6. Regarder encore et encore avec mon amoureux les dix saisons de Friends au creux de son épaule et rire en coeur à chaque intervention de Chandler. 

7. Sentir les vacances approchées. Compter les jours sur mon agenda et enfin atteindre le vendredi 16h. Claquer la porte du bureau. 

8. Passer des heures et des heures à refaire le monde avec ma petite sœur et les copines autour d'un bon verre de vin rouge. 

9. Aller balader dans la nature sans heure pour rentrer. Entendre le bruit des oiseaux, le ruissellement des cours d'eau et rien d'autre... 

10. Écouter mon Georgio jouer un morceau de guitare acoustique avec pour seule lumière la flamme d'une bougie sur la table du salon. 


Tout ça n'a pas de prix. Pour le reste, il y a Eurocard MasterCard!